dimanche 23 mars 2008

Entre vous et moi

Quel honneur, vous fûtes mon premier enseignant de publicité! En effet, bien qu’ayant déjà quelques aptitudes à l’analyse publicitaire, je n’avais auparavant, jamais suivi de formation académique en la matière.

Cela dit, au fil des treize semaines j’ai enrichi mon savoir. Or, n’ayant aucune base théorique, j’ai maintes fois été désolée de ne pouvoir élaborer une critique appuyée de jargon du milieu. Pas plus d’ailleurs que je n’ai acquis de tactiques ni de stratégies en la matière. Certes j’aurais dû suivre un cours de théorie ou de rhétorique publicitaire avant ce cours-ci, mais comme il n’y avait aucun préalable, j’ai plutôt découvert mon manque de connaissances.

De surcroît, j’aurais apprécié faire plus d’analyses en classe. Par exemple, élucider les petites finesses des publicités en groupe de discussion. Je suis persuadée que votre bagage professionnel, doublé de la perspicacité des élèves aurait pu enrichir la vision de tous.

Somme toute, plusieurs aspects ont été une réussite sur toute la ligne. D’abord les conférenciers : ils ont su bien nous renseigner sur des métiers plus hétéroclites du domaine tout en élargissant nos horizons et nos perspectives de carrière. Puis, les simulations de pitch on su nous donner un bref aperçu d’une réalité du métier tout en confort.

Avec du recul, je réalise que ce domaine n’est pas le mien, mais j’en ressors sereine et accomplie. Je sais désormais qu’il s’agit d’une culture, qui bien avant les profits, désire promouvoir un art riche et réfléchi.

Bon printemps!

Visibilité à bas prix

Les agences publicitaires québécoises créent de plus en plus des publicités riches en contenu, intelligentes et amusantes. Audacieuses, elles rejoignent avec finesse les publics visés. Or, depuis quelque temps, une certaine vague semble submerger la belle province alors que certaines publicités sont pointées du doigt pour leur manque de jugement.

D’abord, les panneaux réclames d’Harley Davidson longeant les principales routes québécoises. Le concept est simple et bien exploité : à côté du numéro de la route, figure une phrase liée à son lieu d’affichage. Par exemple sur l’autoroute 40, on peut lire « 40 raisons d’aller visiter les frais chiés de Montréal » ou sur l’autoroute 640
« 640 raisons d'aller acheter des cigarettes à Kanesatake».



Bien que controversées et choquantes pour certains, les 85 publicités d’OSL Marketing transmettent tout de même un message clair : la destination importe peu, l’intérêt est le trajet parcouru en Harley Davidson.

Yoplait a aussi créé une polémique en distribuant aux domiciles canadiens des contenants de yogourt de 650 g vides, accompagnés d’un coupon-rabais. En moins de 24 heures, la campagne a suscité d’innombrables critiques et reproches, quant à l’immoralité écologique du geste. La publicité devant s’étaler sur un mois, a finalement été interrompue moins d’une journée après sa mise en branle.

D’un point de vue consommateur, ces deux publicités ont tout pour choquer. Toutefois, d’un point de vue plus analytique, ces publicités ont tout d’une réussite. Les médias, en diffusant l’émoi causé, ont offert une visibilité incommensurable et hors de prix aux annonceurs. Comme le veut le vieil adage, «parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en!»
* photo issue de

Éteignement d'un soleil

Dans une société où les jeunes prodiges publicitaires fourmillent, peut-être est-il temps de s’attarder quelque peu à la source d’un tel talent. De toute évidence, cette relève a reçu une formation académique visant à mousser leur émancipation créatrice. Or, cette relève, que rien n’impressionne, n’a pas développé sa passion dans les livres, mais plutôt en admirant l’œuvre des plus grands. Alors que l’on qualifie d’ingrate la génération Y, force est d’admettre qu’elle courbe l’échine devant les séniors, ceux qui ont su faire du Québec un réel bassin d’agences publicitaires de renom.

Le 13 mars dernier, un des piliers de la publicité québécoise a disparu. C’est en République dominicaine que Louis F Larivière, âgé de 65 ans s’est éteint. Cofondateur de Cossette Communication, M. Larivière s’est démarqué par son autodidaxie et son flegme.

L’ex-publicitaire a non seulement considérablement contribué au développement de la publicité québécoise, il a aussi transmis sa passion à bon nombre d’artisans du milieu. Par son amour du septième art, il a introduit une vision plus cinématographique dans les publicités de Cossette, haussant la qualité des oeuvres de la firme.

Finalement, chaque jour, nous avons au creux de nos poches une partie de l’œuvre de Louis F Larivière. En effet, le défunt est à la base du graphisme de la carte de la RAMQ. Si le Québec doit le régime d’assurance maladie au gouvernement provincial, il doit sans aucun doute la photo du lac Faillon, le fameux soleil, à Louis F Larivière.

Bref, un bien bel héritage que lègue feu M. Larivière à la relève, bien au-delà d’une simple carte soleil…

jeudi 7 février 2008

Altruisme at Bob's house

La première fin de semaine de février est le rendez-vous des sportifs. Ailes de poulet et bière à la main, les amateurs de football américain s’agglutinent par milliers devant leur téléviseur. Les férus du ballon oblong ne quittent la télévision sous aucun prétexte, toute la partie durant…une mine d’or pour les publicistes et annonceurs. Toutes les techniques sont mises en œuvre pour élaborer une campagne publicitaire exemplaire qui est vue simultanément partout au pays de l’oncle Sam. L’enjeu est énorme et la compétition féroce.

Une fois de plus, Pepsi a démontré son professionnalisme et sa compétence lors de la diffusion du SuperBowl. Cette fois-ci, pas de chanteuse pop… voire pas de chanson du tout. Au programme, une publicité d’un silence plat, aucun effet sonore. Un coup de génie qui attire l’oreille au milieu de la cacophonie que génère l’événement.

La publicité est ingénieuse et le message salutaire. Deux hommes à bord d’une voiture communiquent par le langage des signes. L’histoire est bien simple : ils cherchent l’adresse d’un comparse afin d’assister au SuperBowl. Les téléspectateurs comprennent le tout par le texte défilant. Certes l’histoire n’a rien d’extraordinaire ou de terriblement comique, mais l’espace d’un moment, le peuple américain saisit l’enjeu d’une telle différence physique. C’est d’ailleurs ce que Pepsico, en partenariat avec EnAble, souhaite : faire la promotion d’un environnement incluant l’ensemble d’un peuple avec ses différentes habiletés.

Une publicité à succès qui rapportera gros. Mais soyons naïfs, permettons-nous de croire que ce marketing social n’avait réellement pour but que l’émancipation d’un monde meilleur !

jeudi 24 janvier 2008

WonderBra, avec brio!

Présente dans l’industrie textile depuis plus de 75 ans, WonderBra s’est démarquée tant par l’innovation de ses produits, que par l’audace de ses messages publicitaires. À tout coup, ses publicités de lingerie fine occupent les médias en rappelant l’idée d’émerveillement et de soutien qu’elles offrent.

Le fabricant a d’abord marqué le monde publicitaire par son fameux : « Regardez-moi dans les yeux…j’ai dis dans les yeux »[1] . Depuis, il s’agit de véritable tourbillon d’images et d’enchaînement de slogans visant à mousser la vente des soutiens-gorge.

Force est d’admettre que WonderBra, par son raffinement des sous-entendus et son adresse à piquer la curiosité, rejoint son public cible : des femmes cherchant à allier soutien et confort.

Les médias du monde entier ont été pris d’assaut par le géant de la lingerie. Il n’-a-qu'à penser à l’afficheur déroulant qui se voit bloquer par la poitrine du mannequin[2], ou encore, aux publicités diffusées en Orient où la prise de vue ne met en scène que les jambes des mannequins, à qui il arrive une myriade d’anecdotes liées à leur, on devine, forte poitrine.[3]

Ces cas sont de vifs exemples où WonderBra a fait appel à l’analyse du public, tout en interpellant leur sens de l’humour et bien entendu, en titillant leur pouvoir d’achat.

Une réelle réussite pour un produit, qui pourtant, ne s’accorde qu’à un seul genre, le féminin !

[1] Premier slogan de WonderBra publié dans plusieurs langues
[2] http://fr.youtube.com/watch?v=v0jlRceGBOI
[3] http://fr.youtube.com/watch?v=kFHSG43otpI